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Ses mots pour le dire un dimanche d’avril…

Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est la dyslexie/dysorthographie, qui ne perçoivent pas sa réalité, doutent éventuellement du handicap, des aménagements qu’elle nécessite…

« Hiaire nous avon fais nofraje sur des résife et je sui le seule survivant sedon je me souvien ses que j’aicrivai dans mons jounal can il a eu un choque, des crie le bruis de mate qui sécroulé, jesui sorti. et la je ne me souvin de rin jusca mon révaill »

Voici le texte qu’a écrit aujourd’hui mon enfant, spontanément pour une rédaction. A l’oral, les mots sont là, fluides, fleuris, nourris d’idées et de créativité. Mais les mots pour le dire ne savent trouver le chemin de l’écrit, où plutôt, ils trouvent leur chemin à eux. A 12 ans, après 5 ans d’orthophonie, mon enfant a fait d’énormes progrès, ses coupures de mots sont bien meilleures, les sons sont souvent justes… Bien sûr, la lecture suit le même chemin, très peu d’automatismes, un déchiffrage permanent.

Les niveaux de dyslexie sont bien évidemment différents d’un enfant à l’autre, ils n’ont aucun rapport avec l’intelligence, ces enfants ne sont pas en difficulté, ils sont atteints de troubles de l’apprentissage, une forme de handicap. L’effort, le travail peuvent permettre de trouver des compensations, des ressources, mais la dyslexie sera là, pour la vie. Ce que nous ne voyons pas dans les mots, ce sont les problèmes de concentration, de coordination, parfois de dentition, de vue, de mémoire, et surtout d’organisation. Vus il y a 20 ans comme des « rêveurs », des « paresseux », nos enfants dyslexiques ont juste parfois besoin de s’extraire car ils n’en peuvent plus et souffrent après des heures de classe. Voilà pourquoi il est indispensable de faire la démarche de l’aménagement scolaire et du projet individualisé, pour leur permettre de trouver leur voie, de leur ouvrir la route vers les mots et l’expression de leur pensée si souvent incroyablement riche.

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Discussion

2 réflexions sur “Ses mots pour le dire un dimanche d’avril…

  1. j’apprecie vraiment les articles sur ce site, car j’ai été moi-même reconnue comme dyslexique en 5ème ! j’aurais aimé qu’une école comme celle-ci existe à Paris dans les années 80 mais heureusement l’enseignement a évolué dans le bon sens et c’est encourageant de lire que des accompagnements spécifiques sont mis en place.

    Publié par Genevieve Mairet | 28 février 2014, 20 h 13 min
  2. Merci Geneviève de ce commentaire et de souligner combien les choses ont changé pour les enfants dys, surtout depuis la loi sur le handicap de 2005. Pourtant, la route reste longue pour une connaissance partagée par les acteurs de l’éducation et surtout l’accès en équité pour tous à des aménagements et au changement du regard sur le handicap. Cela est d’autant plus vrai pour l’enseignement français à l’étranger. Mais l’école est prête aujourd’hui et les énergies se mobilisent pour que les choses changent, l’exemple de Londres en atteste, et nous les parents, avec notre engagement et notre vécu sommes mobilisés pour construire avec l’école et agir pour le droit à la réussite scolaire. Nous savons combien l’estime de soi est essentielle pour se construire.
    Bien à vous, Véronique.

    Publié par La rédaction | 2 mars 2014, 19 h 32 min

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