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Regard sur... rééducation & témoignages

Les trucs & astuces d’Erica, 2ème volet

Et si on parlait du bien être? Lors de l’article précédent (le 1er volet des Trucs & Astuces), nous avons abordé un certain nombre de choses que vous pouvez faire pour aider votre enfant dys à mieux s’organiser et apprendre ses leçons. Toutefois, il nous semblait primordial d’aborder la question du bien être. Qu’est-ce, donc, le « bien être »? D’après le dictionnaire Larousse, il s’agit d’un « état agréable résultant de la satisfaction des besoins du corps et du calme de l’esprit ». Cela concerne l’état physique, mental et social. De plus, une bonne santé est directement liée à un état de bien être ! Alors, pensons à nos enfants. Mettons nous à leur place quelques minutes, le temps que vous lisiez cet article. Imaginons un court instant la difficulté de lire clairement cet article, les lettres qui bougent, le « c » qui devient un « g », parfois le haut des lettres semblent effacés et vous devez devinez le mot que vous lisez. Pensez à l’effort des nerfs oculaires pour déchiffrez les mots et les nerfs du cerveau qui n’ont pas été capables de retenir l’information déjà lue. Les cinq minutes accordés à cette lecture se sont déjà transformées en quinze… Il est déjà 21h et il y a école demain, quelle galère! Maintenant vous écoutez votre mère (ou votre père) en train de dire (ou de crier…) à vos cotés « ça y est? T’as fini? Mais tu n’en n’es que là ? Mais qu’est-ce que t’as fichu tout ce temps?? ». A ce moment, vous ressentez une frustration qui remonte depuis votre cœur. Vous avez lu l’article mais pas réussi à répondre aux questions car, à force de vous concentrer sur la reconnaissance des mots, vous n’en n’avez pas vraiment compris le contenu. Ce sentiment est décliné sur quasiment toutes les matières, tous les devoirs, et ce, tous les soirs, tous les week-ends. Heureusement il y a TP ! Là, on fait des supers expériences, vous lâchez vote imaginaire et, avec un peu de chance, vous n’aurez pas trop à lire ni à écrire. Parfois, les explications sont tellement claires dans la tête, comme un film mais, hélas, impossible de les transcrire sur un papier, avec les bons mots, dans une structure logique. La pression de bien faire est quotidienne, l’apprentissage par cœur une source de stress. Vous vous sentez submergé par les exigences, finalement, rien n’est plus trop clair et cela se ressent dans l’organisation des devoirs, les oublis sont fréquents. Vous ne savez plus tellement ce que « se concentrer » veut vraiment dire. A l’école, vous êtes différent par rapport aux autres. « Eux », ils savent aller vite, comprennent tout, les notes sont de moyennes à bonnes, voire très bonnes. Quant à vous, vous pensez que vous n’êtes pas capable d’en arriver là. Ils sont forcément plus intelligents. Socialement, c’est moyen. Vous ne comprenez pas certaines blagues mais vous rigolez pour faire semblant. Vous connaissez pas mal de camarades mais, au fait, vous ne faites pas partie d’un petit groupe quelconque. A la récré vous vaquez à droite, à gauche. Bof. Les invitations aux goûters d’anniversaires se font plus rares. Certains enfants dys auront une perte totale de confiance et resteront plutôt réservés, ils se replient, se font invisibles. D’autres, adopteront un comportement déconcertant genre « foutage de gueule » et entendront souvent dire qu’ils sont, peut être, hyperactifs aussi. Très souvent, dans les deux cas de figure, c’est leur façon de créer un bouclier de défense. Le but de cet article est de vous montrer que vous avez beau payer une orthophoniste, un prof en particulier, rester assis des heures à coté de votre enfant lors des devoirs… vous n’avez pas résolu un point essentiel dans sa réussite scolaire ou sociale: son bien être. Bien sûr, il faut accorder le temps de pause, laisser votre enfant jouer avec la Nintendo, les Playmobil, les Legos, regarder la télé. Mais ce n’est pas de cette pause détente que nous parlons ici. Que pouvez-vous faire pour mettre toutes les chances de réussite du coté de votre enfant ? Comprenez bien qu’avant une réussite scolaire vous devez, avant tout, préparer votre enfant pour la vie ! Nous listons, ci-dessous, cinq idées pour favoriser non seulement l’apprentissage à l’école mais aussi pour aider votre enfant à gagner en maturité, s’épanouir socialement et, surtout, être bien dans sa peau ! La sophrologie Cela peut paraître idiot mais beaucoup de personnes ne savent pas bien respirer, surtout en état de stress. La sophrologie, discipline proche de la méditation, peut aider à mieux poser ses pensées, à relativiser la source de stress devant soi, à ne pas rentrer en panique face à une situation difficile. Une bonne oxygénation du cerveau est indispensable pour fonctionner efficacement. Avec des exercices simples de pensées et de visualisations positives, le sophrologue saura aider votre enfant à développer la confiance en soi. Quelques séances suffisent pour lui montrer la bonne voie. En France, la pratique de la sophrologie est très répandue depuis des années. En Angleterre, elle est moins connue mais vous trouverez un bon nombre de professionnels francophone établis à Londres. L’ostéopathie Sans doute, nous apprécions tous une bonne séance d’ostéopathie pour régler un torticolis ou un mal de dos. Mais, comme disait mon cher ostéopathe-crânien à Paris, « n’attendez pas d’avoir un problème pour voir un ostéopathe! ». En effet, longtemps boudée en France car pas « reconnu par la Sécu » (le français ont hérité une fâcheuse habitude de se dire que si ce n’est pas remboursé, c’est que ça marche pas…), plus personne ne conteste l’efficacité de l’ostéopathie. Qu’en est-il pour votre enfant? Eh bien, qui dit dyslexie, dit souci de communication entre cerveau droite/gauche…donc, les nerfs! Quelques séances annuelles pour manipuler un peu les nerfs cervicaux, les nerfs des mâchoires, la tête… ne peuvent faire que du bien. Moi, j’ai décidé d’aller un peu plus loin pour ma fille de 12 ans. Elle suit actuellement le « Sunflower Programme » mis en place par l’ostéopathe anglais Mark Matthews, dyslexique lui-même, basé à Guildford. Entre les manipulations des nerfs et des muscles, il vérifie le manque ou le besoin en minéraux et donne des petits exercices qui visent une meilleure communication entre le cerveau de droite et celui de gauche. Le but étant d’aider l’enfant à mieux assimiler l’apprentissage requis et de mieux retenir d’information. Bien dans son corps, bien dans sa tête? Nous en sommes à notre 6ème séance et nous publierons un bilan sur ce programme prochainement dans la rubrique « Testé pour Vous ». Théâtre/Performing arts ! Justement c’est super d’être Dys-à-Londres! Vivez cette expérience comme une belle opportunité pour votre enfant. L’anglais est indispensable dans le monde professionnel et vous ne voulez que le meilleur pour votre enfant. Rien de mieux que d’apprendre une langue « in loco », dans le pays, et cette chance est ouverte à votre enfant. Cependant, l’anglais étant une langue extrêmement phonétique, elle représente un vrai défi pour les dyslexiques. Hélas, maintenant que vous êtes à Londres, il faut « faire avec »… Donnez un coup de pouce supplémentaire à votre enfant en favorisant le contact avec la langue anglaise en dehors de son école française, même si bilingue. Proposez à votre enfant de s’inscrire dans un cours de théâtre en anglais ou, mieux encore, dans les performing arts, où il pourra se lâcher, crier, danser, produire des films, rigoler… tout en développant son vocabulaire, son expression orale et ses relations sociales. Les bénéfices pour l’apprentissage de la langue sont immenses ! Puis, il sera vite décomplexé en classe, plus à l’aise pour travailler en équipe et présenter un exposé devant ses camarades. La Pauline Quirk Academy (PQA) a des branches un peu partout. Toutefois, si cette idée ne semble pas trop lui plaire (tentez une journée portes ouvertes quand même…), pensez à l’envoyer aux colonies de vacances genre PGL et Camp Beaumont. De nombreux centres proposent des cours spécifiques en plus des activités comme l’anglais pour les étrangers mais aussi des cours de cuisine (excellent pour les dys !). Le Scoutisme ou Girlguiding Tout d’abord, sachez qu’en Angleterre cette activité n’a pas forcément une connotation religieuse. Les groupes se réunissent, généralement, une fois par semaine et un éventail d’activités est proposé. Jardinage, bricolage, cuisine, couture, sorties… C’est un excellent moyen de rentrer en contact avec des anglais et d’apprendre ou pratiquer la langue dans un cadre ludique. Le petit plus… ça ne coûte pas grande chose. Par exemple, la contribution annuelle pour le Girlguiding ou les Brownies est d’environ £80 par an. Toutefois, la liste d’attente pour rejoindre la « unit » proche de chez vous peut être assez longue. Les Arts Martiaux Rien de mieux pour aider votre enfant à aiguiser sa concentration que les arts martiaux. Le Taekwondo est très bénéfique pour les troubles d’apprentissage, que l’enfant soit dyslexique, dyspraxique, Asperger… De plus, la pratique de ce sport permet à l’enfant, souvent maladroit, de mieux gérer l’espace autour de soi. Proche du karaté, cette discipline se différencie, notamment, par les gestes plus légers et de nombreux coups de pied – ce qui favorise le développement d’un fort pouvoir visuel. On est obligés d’être attentif aux consignes, de maîtriser son énergie. Contrairement au judo, il n’y a pas de combat corps-à-corps en se roulant par terre. Et, contrairement, aux idées reçues, il y a énormément de filles dans les cours! Puis, un cours de « self-defense » peut toujours servir… Très bien tout ça, mais est-ce que ça marche? Tout comme la méthode Davis, dont nous vous avons déjà parlé dans un autre article, si vous attendez que la science prouve un lien direct entre ces activités et le progrès d’un dyslexique, vous ne serez plus de ce monde ! Nous ne cessons de répéter: il faut une approche globale pour la dyslexie. La dyslexie n’est pas juste savoir lire, avoir une bonne orthographe et comprendre ce que l’on lit. Cela concerne aussi la dextérité manuelle (comme faire ses lacets rapidement et préparer son cartable), se repérer dans le temps (ils sont souvent très longs pour accomplir certaines tâches), focaliser son attention sur un sujet donné et pour une certaine durée, travailler la mémoire de travail, enrichir son vocabulaire et savoir bien s’exprimer oralement, développer sa maturité et la confiance en soi etc. etc. etc. En résumé, vous avez beau faire votre enfant travailler 4h par soir dans l’espoir d’avoir une bonne note, vous n’irez pas très loin dans son épanouissement personnel et tous les bénéfices que ces activités (la liste ici est, certes, limitée) peuvent apporter par ailleurs. J’ai rencontré une maman qui m’a dit qu’elle a supprimé toutes les activités extrascolaires de son fils dyslexique dès sa rentrée en 6ème pour qu’il puisse « se concentrer » dans ses devoirs. C’est un choix personnel, mais je ne suis pas convaincue que ce soit une bonne solution et je pense même que se faire une fixation sur les notes peut vite devenir une obsession pour certains parents. Ceci ne fait qu’ajouter du stress et de la frustration. Les notes sont une référence sur papier et quand elles sont bonnes, il faut savoir valoriser son enfant, lui montrer qu’il est capable d’y arriver. Pensez à récompenser les efforts plus que la note. S’il arrive à la maison avec un 9/20 en géographie et que, la fois suivante, il a 12/20, félicitez-le. C’est déjà 3 points de plus et, peut être que, la fois d’après il fera encore mieux. Emmenez-le au cinéma ou à son restaurant préféré ! Une chose à la fois. Ne placez pas la barre trop haute. Certes, trouver le temps de caser ces activités dans un emploi de temps déjà assez chargé, en plus des devoirs est difficile mais, croyez-moi c’est possible si vous êtes prêts à faire des sacrifices et des concessions pour y arriver.

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