//
vous êtes en train de lire...
Actus

Zoom sur la conférence Regards de femmes du Dr Hervé Glasel: « Cerveau et Apprentissages: des progrès des neurosciences au service de l’éducation »

Hervé Glasel livreDr Hervé Glasel, neuropsychologue, spécialiste du développement de l’enfant et de l’adolescent, fondateur et dirigeant de l’école du Cerene*.

Sans aucun doute, un sujet qui touche grand nombre d’entre nous puisque les places ont été vendues très vite et nombreux sont ceux qui n’ont pu y participer.

En plus de recevoir des familles à son cabinet, situé près de Paris, pour le dépistage et traitement de troubles dys, le Dr Glasel se consacre au travail de recherche dans le champ neurologique. Plus précisément, il mène un combat pour qu’il y ait un lien plus fort et plus précis entre les neurosciences et l’éducation.

Depuis les années 50, les recherches du cerveau ont beaucoup évolué. « Nous sommes capables aujourd’hui de voir le cerveau en action, de l’isoler et voir le fonctionnement des modules par l’imagerie cérébrale », nous explique-t-il au début de la conférence.

La science a de nouveaux outils dans le domaine de la cognition: un concept clef autour de l’éducation. Hélas, bonne partie de l’éducation aujourd’hui est basée sur des connaissances issues de nos intuitions: « le prof doit parler comme ceci, parler comme ça », « l’enfant doit être capable de lire de telle façon »… Or on oublie la mécanique: le cerveau et comment il fonctionne!

Lors de son intervention, le Dr Glasel nous a présenté les étapes de lecture, plus précisément, comment reconnait-on un mot. Cela nous paraît tellement simple et qu’en lisant ceci vous ne vous rendez même pas compte que votre cerveau est en train de passer d’une perception visuelle qui déclenche le travail du nerf oculaire qui, en suite, va transformer l’information visuelle en phonologie pour, enfin, arriver à un processus double par lequel votre cerveau fera une analyse orthographique: « est-ce que je connais ce mot »? Et tout ça en 500millièmes de seconde! Chaque mot que nous lisons est décelé en triple: le code phonologique, le code sémantique et le code orthographique.

Et quand il y a trouble? Tout d’abord, le Dr Glasel insiste que les troubles de l’apprentissage doivent être désassociés de l’échec scolaire et que ces troubles sont indépendant du milieu socio-psychologique. Cela se passe dans le cerveau. En revanche, il est difficile de dire si le trouble est lié directement à la génétique ou s’il est héréditaire. Il peut aussi être lésionnaire ou périnatal.

Les troubles de l’apprentissage concernent entre 5 et 10% de la population mondiale. L’OMS les définit comme: des difficultés à acquérir certaines compétences fondamentales, malgré une intelligence normale et un contexte éducatif et familial approprié.

Le Dr Glasel affirme que « Ce n’est pas parce que ça se passe au niveau du cerveau que c’est une mauvaise nouvelle. Il suffit d’identifier et traiter là d’où ça vient ». Justement, cette prise en charge pose encore des problèmes…

Que faire quand il y a doute? Eh bien, il n’y a pas un seul spécialiste qui pourra vous apporter des réponses en exclusivité. Il faut faire une série de bilans: médical (auditif, test de vue…), orthophonique et, selon les cas, psychologique et neurologique. Ces bilans se complémentent et à partir de là on peut établir une « feuille de route » en ce qui concerne la scolarisation de l’enfant et mettre en place les aménagements nécessaires.

Aussi il faut: recueillir l’histoire du développement de l’enfant, réunir tous les bilans effectués, analyser les travaux de l’enfant, explorer les fonctions cognitives, explorer le comportement de l’enfant, évaluer les enjeux émotionnels et de la personnalité

Le Dr Glasel insiste sur le fait que ce qui gêne l’enfant « dys » n’est pas le contenu mais la forme utilisée pour enseigner. Les différentes méthodes alternatives et les astuces d’apprentissage « sont valables pour l’enfant en trouble mais aussi pour tous ! »

Pour vous qui habitez à Londres et devez faire face au bilinguisme, sachez que le bilinguisme n’implique pas les troubles de l’apprentissage. En revanche, les troubles peuvent s’accentuer. Quant à la méthode globale (le mouton noir des parents d’enfants dys !), elle n’est pas la cause d’un trouble de la lecture mais elle rend l’apprentissage de la lecture plus difficile. Il faut alors continuer avec l’orthophonie.

Né Dys, Dys pour toujours? D’après le docteur…oui et non. Il y aura la maturation, des moyens de compenser, des métiers adaptés et des aides à remonter ce handicap. Ce n’est pas une maladie! En revanche, il faut identifier le trouble pour travailler dessus. « Il faut être pragmatique ! ».

Quid de l’autisme? Ce n’est pas un trouble psychiatrique mais neurologique. Il faut une prise en charge éducative et non psychologique.

Sur le sujet des médicaments pour le trouble de l’attention tels que la Ritaline, le docteur n’est pas contre mais, en revanche, il faut vraiment peser les bénéfices d’une telle décision. Il faut qu’il y ait un lien direct entre le changement du comportement et la prise de ces médicaments. Puis, la certitude que cela améliore « la vie » de l’enfant.

Enfin, qu’en est-il de la formation des profs? Je ne risque pas de vous décevoir puisque nous le savons tous: malheureusement, ils ne sont toujours pas formés pour identifier les troubles alors même qu’ils sont en première ligne! La France est très en retard là-dessus. Le Dr Glasel bataille pour qu’il y ait un module cognitif dans la formation des enseignants.

Difficile de résumer ici tous les points abordés lors de cette conférence organisée par l’association Regards des Femmes de Londres. C’est rassurant de voir que la science avance, même si elle n’apporte pas encore les réponses à toutes nos questions. C’est aussi frustrant de voir que, du point de vue éducatif, nous sommes toujours un peu seuls vis-à-vis de la prise en charge de nos enfants et des aménagements nécessaires.

Nous étions une bonne centaine de participantes. D’après ce que j’ai vu, toutes des mamans. Et les enseignants dans tout cela ?

Deux bonnes nouvelles. La première est que le Dr Glasel travaille sur le projet d’ouverture d’un cabinet à Londres. La deuxième est qu’il fera une possible conférence dans les établissements scolaires francophones, destinée à l’équipe enseignante. A suivre…

Pour en savoir plus, le Dr Glasel a publié un livre récent: « Une Ecole Sans Echec: Les Sciences Cognitives et l’Enfant en Difficulté », Editions Odile Jacob.

Dernière chose en ce qui concerne les bilans. Ajoutons à cela une petite note personnelle de la rédaction: pensez aussi à la proprioception et aux lunettes teintées (syndrôme d’Irlen). Deux bilans encore méconnus mais déjà abordés par Dysalondres.

*accueille les enfants souffrant de troubles de l’apprentissage « dys » du CE1 à la 3e avec l’objectif que les élèves réintègrent un établissement scolaire classique à l’issu de leur passage dans l’école.

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :