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Regard sur... rééducation & témoignages

« Temoignage-Feuilleton » : Sur les pas d’Erica et de sa fille à la découverte de la méthode Ron Davis, 1er volet, le diagnostic

Retrouvez l’experience d’Erica avec la méthode Ron Davis. Premier épisode, le diagnostic.Partagez vos experiences, informations sur la méthode, écrivez-nous à : dysalondres@hotmail.co.uk

Traduction révisée. Techniques complétées. « Début septembre 2013, je découvre que ma fille de 10 ans qui vient de rentrer en 6ème est dyslexique. Euh…quoi ? Comment? Après toutes ces années de galère en primaire, pourquoi personne n’a rien vu, rien dit ?! Même l’orthophoniste qui l’avait suivie lors de quelques séances en CE2 avait écarté la dyslexie, un comble ! Puis, il y a eu un mélange de sentiments: l’incompréhension, la colère, la honte de mon ignorance. Pour moi, la dyslexie se résumait à un enfant qui ne reconnaissait pas le A, le B et qui n’arrivait pas à lire sans bégayer – ma fille lisait comme un perroquet! Oui, sauf que… elle ne comprenait pas ce qu’elle venait de lire, et ce n’était pas par manque d’attention ou de motivation. Ses phrases courtes (« développe tes phrases ! », écrivait le maître de CM1), n’étaient pas non plus dues à la paresse.
J’ai longtemps cherché des coupables. Des maitresses en primaire, en passant par l’orthophoniste à Paris (pardi!) et moi-même. Jusqu’à ce que l’orthophoniste qui la suit à Londres m’explique que ma fille fait partie de ces enfants dyslexiques qui « cachent » leur dyslexie et que parfois il faut qu’il y ait au moins 18 mois de retard de lecture pour qu’un enfant soit considéré comme dyslexique. Cet écart est devenu évident en CM2 –heureusement, la maitresse avait déjà de l’expérience avec des enfants « dys » et m’a conseillé de refaire un bilan car quelque chose n’allait pas.

Je me suis rendue compte que ma fille est une battante, une petite guerrière. Un être brillant qui, malgré toutes nos pertes de patience lors des devoirs, les pressions qu’elle avait subies d’une année à l’autre dans une école privée très stricte en région parisienne (une de ces écoles où les enfants doivent rentrer dans un moule prédéfini et apprennent tout par cœur sans savoir pourquoi), en plus des exigences d’organisation, d’horaire à respecter… elle avait réussi à avancer. Elle a su « compenser ».

Une guerrière ne baisse pas les bras. Si nous avons la chance d’appartenir à une société où la dyslexie est enfin reconnue, hélas, le monde continuera à avancer et je sais que l’on n’attendra pas ma fille. Il faudra qu’elle apprenne à avancer aussi, du meilleur qu’elle peut.
Je ne compte plus le nombre d’heures que je passe à chercher des « trucs dys » sur internet ou à fouiller dans s rayons de livres pédagogiques spécialisés. Voilà qu’un jour je suis tombée sur des informations concernant la méthode Davis®. Après avoir vu des vidéos sur internet, j’achète le livre de Ron Davis, « Don de Dyslexie ». Après l’avoir lu, la curiosité était bien présente. Mais, hélas, personne dans mon entourage n’a entendu parler de la méthode. Sans références, je m’approche de l’association en UK mais après quelques échanges avec le Président, il s’avère qu’il vaut mieux faire la formation en français, donc, en France!

Nous choisissons une formatrice à Boulogne car d’après ce que j’ai pu voir sur internet, elle a des années d’expérience avec des personnes « dys ». Ce critère est important car, à mon avis, de la même façon qu’il y a des bons et mauvais ostéopathes… il fallait tomber sur un formateur Davis efficace.

Nous avons fait le bilan en janvier. Pendant 2h, j’ai pu rentrer dans le monde de perception de ma fille et je dois dire que je ne l’ai jamais vu si à l’aise avec quelqu’un. Elle s’est sentie, enfin, comprise sans devoir expliquer grande chose. Je me suis sentie un peu bête à coté et vous allez comprendre pourquoi.

Le bilan a commencé par un petit test d’images auquel j’ai dû participer aussi. Sur une feuille blanche, la formatrice avait tracé une ligne verticale pour la diviser en deux. D’un côté elle allait noter les descriptions d’images de ma fille et, de l’autre, les miennes.
« Est-ce que tu peux imaginer un éléphant? », lui demande la formatrice et moi aussi devais en imaginer un. Après quelques secondes à peine elle lui dit : « C’est bon, tu l’as dans ta tête? Vas-y, décris-le moi ».

L’éléphant de ma fille avait une taille précise, une couleur, c’était un papa, il se déplaçait de gauche à droite et il y avait tout un décor fantastique autour de lui. « Bon, maintenant on va découvrir l’éléphant de maman », annonce la formatrice. « Euh… beh…. il est gris et, bon, il est de profil », je dis, un peu gênée par la description courte et médiocre.
Ok! Passons à l’image suivante: « la maison de tes rêves ».

En moins de dix secondes de réflexion, la maison de ma fille avait un jardin tout autour, avec une piscine (dont je ne me souviens plus la forme) et quand on rentrait dans la maison, la cuisine était à gauche, le salon à droite, puis un escalier (dont je ne me souviens plus la forme non plus…) menait au premier étage où il y avait « x » chambres, WC, SDB etc. « Super! Dis-moi, il y a combien de fenêtres dans cette maison? », lui demande la formatrice. Ma fille ferme un œil comme si pour mieux visualiser et compte en levant le doigt comme si elle faisait le tour de la maison… »8! », elle répondit d’un ton ferme.

« Et la maison de maman? », me demande la formatrice avec un petit sourire caché comme si elle connaissait déjà la simplicité de ma réponse. Hélas, ma maison était « plate ». Je ne voyais que la façade comme sur une couverture de magazine ou sur une pub d’agence immobilière. Bien sûr, je pourrais donner une description bien plus complète mais pas en seulement 10 secondes!
D’autres objets ont suivi mais j’ai vite compris ce que c’est un « penseur en images ». Et, de toute évidence, je n’en suis pas une. Surtout à cause du chat…

Plus loin dans le bilan, la formatrice donne de la pâte à modeler à ma fille et lui dit d’en faire ce qu’elle veut avec pendant qu’elle me donne des informations. Ma fille, ravie d’accomplir cette petite tâche, levait la tête de temps en temps et regardait le mur. Au bout d’un moment, la formatrice lui demande: « Qu’est-ce que tu es en train de regarder? ». « Le chat », lui répond ma fille. « Ah! Il est intéressant ce chat, hein? », lui dit la formatrice en train d’observer mes yeux qui parcourait tout le mur, la commode, les objets placés sur la commode et… un cadre avec quelques animaux de couleur marron. Angoissée en quelque sorte de ne pas voir ce chat si intéressant (je cherchais une statue, une peluche, un truc en forme de chat quoi), je pose la question toute bête: « Euh… excusez-moi, il est où le chat?? ». Encore une fois, la formatrice me regarde avec le fameux sourire discret et un peu déconcertant: « Vous ne le voyez pas? Il est là! », me dit-elle en pointant le cadre du doigt. Ma foi! C’était impossible. Je le cherchais partout. Je ne voyais que des oiseaux et un écureuil (que ma fille m’a tout de suite fait remarquer que c’était une sorte de rat: « ça se voit que c’est pas un écureuil maman! »). Il aura fallu que la formatrice me guide lentement à comprendre que l’ensemble du dessin formait un chat de profil et qui, en plus, regardait en arrière…

Un autre exercice consistait à faire imaginer à ma fille, les yeux fermés, qu’elle avait un objet posé sur la main. Une banane, une part de gâteau (très bien décoré alors que mon gâteau à moi c’était un simple gâteau au citron – pourtant, je dois vous dire au passage, que je suis cake designer!) et, pour finir, un chaton qui dormait paisiblement sur sa main. Non seulement ma fille pouvait faire venir et partir ces images en une fraction de seconde mais, en plus, elle était capable de faire le tour de ces objets imaginaires. De les « photographier » si bien de chaque coté, comme par derrière. C’est la capacité de voir les images en 3D.

Je ne pourrai pas vous détailler ici tout ce qui a été vu ou dit lors de ce bilan. Lire le livre de Ron Davis était une intéressant, mais voir la théorie mise en action, m’a impressionnée. Si bien, que je n’ai pas hésité pendant une seule seconde à réserver la semaine de formation.
Je veux en savoir plus. Cette semaine de formation nous la ferons pendant les vacances d’hiver. Avant de pouvoir aider ma fille il faut d’abord qu’elle se comprenne elle-même. C’est logique, non? Cette méthode est censée de l’aider à maitriser sa dyslexie, de la contrôler et non l’inverse. D’apprendre à quel moment elle pourra utiliser son don pour exploiter sa créativité et à quel moment elle doit se « réorienter » pour mieux se concentrer.

Une chose est sûre, la perception de ma fille sur le monde qui l’entoure est totallement différente de la mienne. Le moindre événement vécu ou interprété comme négatif peut marquer son esprit pendant longtemps. Par exemple, elle a dit à la formatrice qu’elle était souvent en retard à l’école car je discutais trop longtemps avec mes « copines » autour de l’école. Pour tout vous dire, ça a dû arriver une fois depuis la rentrée de septembre et, sûrement, pour une bonne cause ! C’est notamment ma fille qui n’a pas de repère dans le temps, pour qui se préparer en 10 minutes ou 40 minutes c’est pareil… Donc, j’ai appris qu’une fois qu’elle a associé « un bonjour » à mes amies à son retard, c’est grillé.

Bientôt, je pourrai vous raconter plus sur cette méthode. J’ai déjà appris tellement sur le « penseur en images » dans un espace de 2h que, pour moi, ça vaut déjà le coup.

Coordonnées de l’orthophoniste : Carol Nelson Tel. : 09 52 63 02 05 / Mobile 06 60 37 54 04 / email : Carol@dyslexiefrance.com. Coût du diagnostic : 60 euros.
Site internet en France: http://dyslexiefrance.wordpress.com/
Site internet au Royaume Uni: http://uk.dyslexia.com/

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